Le championnat de France des hypocrites et des remerciements est ouvert !
« Le championnat de France des hypocrites et des remerciements est ouvert ! »
Le championnat de France des remerciements est ouvert !
À chaque évènement, chaque catastrophe, nos responsables politiques battent un nouveau record.
Médaille d'or du « courage exemplaire ». Médaille d'argent du « dévouement exceptionnel ». Médaille de bronze de la « reconnaissance éternelle ».
Le podium est magnifique. Les discours aussi.
En revanche, pour les budgets... il faudra repasser.
Car enfin, nos pompiers ne vivent pas de compliments. Les camions ne roulent pas au superlatif. Les lances à incendie ne fonctionnent pas aux applaudissements. Et les volontaires ne paient pas leurs factures avec des publications Facebook ni avec des applaudissements et encore moins des discours sirupeux et resuçés depuis bien longtemps.
Depuis des années, dans la Vienne, les Deux-Sèvres et ailleurs, les SDIS tirent la sonnette d'alarme. Les pompiers alertent. Les syndicats protestent. Les volontaires s'épuisent.
La réponse ?
« Les finances publiques sont contraintes. »
Ah... le Budget !
Ce personnage extraordinaire qui apparaît dès qu'il faut financer un hôpital, une école, un SDIS ou une maison de retraite... mais qui semble prendre mystérieusement quelques jours de vacances lorsqu'il s'agit d'autres dépenses jugées plus prioritaires.
On nous explique qu'il n'y a plus d'argent pour prévenir les catastrophes... alors que les catastrophes, elles, ont manifestement trouvé le financement nécessaire pour se multiplier.
Sécheresse. Canicules. Incendies. Inondations. Crise agricole.
Le climat, lui, ne respecte pas la loi de finances.
Le plus inquiétant est ailleurs. Depuis quarante ans, l'État délègue progressivement ce qui relevait autrefois de sa responsabilité.
Les Restos du Cœur devaient répondre à une urgence exceptionnelle. Aujourd'hui, des milliers d'associations compensent quotidiennement les insuffisances de politiques publiques. Les bénévoles deviennent un rouage indispensable de la République.
Et les pompiers volontaires ?
Plus de 80 % des effectifs.
Là encore, le système repose d'abord sur la générosité.
Cela rappelle étrangement les soignants pendant le Covid. Souvenez-vous : héros nationaux un soir à 20 heures... puis retour discret à la pénurie, à l'épuisement et au manque de reconnaissance.
Alors, chers pompiers volontaires, permettez un conseil : méfiez-vous des ovations. Elles sont souvent proportionnelles aux économies réalisées sur votre dos.
La reconnaissance ne se mesure ni au nombre de poignées de main, ni à la longueur des communiqués de presse.
Elle se mesure en effectifs. En moyens. En protection. En formation. Et, oui, en rémunération.
Parce qu'un « merci » est toujours agréable.
Mais face à un incendie de plusieurs milliers d'hectares, il reste tout de même moins efficace... qu'un camion supplémentaire et un budget à la hauteur des enjeux.
Et surtout, derrière les flammes, n'oublions jamais ces femmes et ces hommes portant chacun des tenus différents mais partageant toujours le même idéale, être utile à notre République.
Comme les infirmières, les aides-soignants, les médecins, les ambulanciers et l'ensemble du personnel soignant durant la crise du Covid-19, les pompiers prennent aujourd'hui à leur tours des risques considérables pour protéger la population. Ils inhalent des fumées toxiques, affrontent des chaleurs extrêmes, repoussent leurs limites physiques et psychologiques, souvent au prix de leur propre santé.
Pendant le Covid, nous les avons applaudis aussi. Nous les avons appelés « héros ». Puis l'urgence est passée. Beaucoup sont restés seuls face à l'épuisement, aux séquelles physiques et psychologiques, au manque de reconnaissance et à des conditions de travail qui, elles, n'avaient pas changé.
Les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets.
J'espère de tout cœur que nous ne reproduirons pas cette erreur avec nos pompiers. Que nous n'attendrons pas, dans quelques années, de découvrir les conséquences mortifères sur leur corps, mais aussi sur leur âmes de leur engagement et que nous aurions dû faire davantage.
Car la reconnaissance ne consiste pas à célébrer ceux qui se sacrifient. Elle consiste d'abord à faire en sorte qu'ils n'aient pas à se sacrifier.
Alors oui, remercions-les. Mais surtout, protégeons-les, donnons-leur les moyens d'agir et reconnaissons leur engagement autrement que par des applaudissements ou des discours.
L'Histoire a parfois la fâcheuse habitude de se répéter. À nous de prouver que nous sommes capables, cette fois, d'en tirer les leçons.
Notre avenir ne doit pas brûler
Cette affiche est un cri silencieux, mais profondément humain.
Pour information, le nouveau-né symbolise les générations futures, celles qui hériteront des choix que nous faisons aujourd'hui. Les personnes âgées rappellent que le dérèglement climatique ne menace pas seulement demain : il frappe déjà les plus fragiles, à travers les canicules, les feux dans le Sud, les landes , la Gironde, mais aussi la déshydratation, l'isolement et surtout le risque des pénuries d'eau.
L'allumette enflammée représente notre planète. Elle illustre les dérèglements climatique et avec elle l'urgence climatique, mais aussi le risque d'un modèle de développement qui privilégie l'accaparement de l'eau, notamment par certaines formes d'agriculture intensive, au détriment du bien commun. Lorsque l'eau devient un objet de compétition plutôt qu'un patrimoine partagé, les tensions s'exacerbent et les inégalités se creusent.
Pour le Comité Sud Vienne du Mouvement de la Paix, la paix ne se limite pas à l'absence de guerre. Elle repose aussi sur la justice sociale, la solidarité entre les générations, la préservation des biens communs et le respect du vivant, de la nature et de l'environnement.
Protéger l'eau, lutter contre le réchauffement climatique, défendre les plus vulnérables et préserver les ressources naturelles sont des engagements pour la paix. Car il ne peut y avoir de paix durable sur une planète dévastée, où les ressources vitales deviennent sources de conflits.
Cette affiche n'a qu'un seul but, vous aider à prendre conscience que chaque décision compte. Choisir la coopération plutôt que la compétition, le partage plutôt que l'accaparement, la responsabilité plutôt que l'indifférence, c'est construire une culture de paix.
Notre avenir ne doit pas brûler. Préservons l'eau. Préservons la vie. Cultivons la paix.
« Plus terrifiant que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. »
Max Frisch, Cité par Maxime Dalle in Eléments, n°170, 2018
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