Journée des rencontres pour la Paix du 31/05/2026 à Saint-Pierre d'Exideuil. 

Le 31 mai 2026, à Saint-Pierre-d’Exideuil, les Rencontres pour la Paix ont rassemblé un public nombreux autour d’une conviction commune : la paix se construit par le dialogue, la réflexion, la culture, la solidarité et l’engagement citoyen. Cette journée, organisée par le Comité Sud Vienne du Mouvement de la Paix, a été marquée par la richesse et la pluralité des prises de parole, offrant à chacune et chacun l’occasion de confronter les idées, d’échanger les expériences et d’imaginer ensemble les chemins d’un monde plus juste et plus fraternel.
La première table ronde, consacrée à « L’ONU : origine, fonctionnement et rôle humanitaire, culturel et solidaire », a permis de mieux comprendre les enjeux et les missions de cette institution internationale essentielle. Animée par Alain Rouy, elle a rappelé combien la coopération entre les peuples demeure un levier indispensable pour relever les défis contemporains.
Le second débat, « La désobéissance civile est-elle une option ? Droit, justice et démocratie. Les modes d’action de la génération Z », a ouvert un espace de réflexion particulièrement vivant sur les formes d’engagement citoyen, les rapports entre légalité et légitimité, ainsi que les nouvelles mobilisations portées par les jeunes générations. La diversité des points de vue exprimés a illustré la vitalité démocratique nécessaire à toute société qui aspire à la paix.
Enfin, la troisième prise de parole, proposée par Tisserands d'Humanité autour du thème « Nommer la paix, c’est s’engager », a offert un moment de profondeur et d’humanité. Animée par Louise Atani Torasso, cette intervention a souligné la force des mots, de l’écoute et de la rencontre dans la construction de relations pacifiques et durables.
Tout au long de la journée, ces temps de réflexion ont été enrichis par de magnifiques parenthèses artistiques. La chorale La Machine à Chanter a apporté sa chaleur et son énergie, tandis que le groupe Le Tourbillon du Cèdre a offert un remarquable intermède de musique traditionnelle, de même l'association Cicérone et  peintres et sculrure. Les participants ont également pu partager une promenade contée, poétique et inspirante, dans l’écrin de verdure bordant le fleuve Charente. Pour clôturer cette belle journée, le groupe ChabiFönk a conquis le public par sa générosité, son enthousiasme communicatif et la qualité de sa prestation.
Cette réussite n’aurait pas été possible sans l’engagement des associations de Saint-Pierre-d’Exideuil et de Civray, qui ont contribué avec enthousiasme à l’organisation et à l’animation de cette manifestation. Nos remerciements vont notamment à Cicerone, aux exposants de peinture, de sculpture, d’arts graphiques et de librairie, ainsi qu’aux organisateurs des expositions, notamment « Forêt, la communauté vivante » et celle consacrée à Alban Liechti, dont le prêt gracieux a permis de faire découvrir un parcours exemplaire d’engagement pour la paix.
Nous adressons enfin notre plus sincère gratitude à l’ensemble des bénévoles, adhérents, sympathisants et soutiens du Comité Sud Vienne, ainsi qu’aux amis venus de Poitiers, de Châtellerault et d’ailleurs. Une pensée particulière va à notre fidèle camarade Alain et à son épouse, venus de Corrèze pour apporter leur aide précieuse à cette aventure collective.
Ces Rencontres pour la Paix 2026 démontrent une nouvelle fois que la paix n’est ni une idée abstraite ni un simple idéal : elle est une œuvre collective qui se nourrit de la diversité des regards, de la culture, du débat démocratique et de l’engagement de toutes celles et tous ceux qui refusent l’indifférence et choisissent de construire des ponts entre les êtres humains.


À la mémoire d’Alban Liechti:


Nous rendons hommage avec cette exposition à Alban Liechti, jeune appelé du contingent qui, au cœur de la guerre d’Algérie, eut le courage de suivre sa conscience plutôt que de céder à la pression de son époque. En refusant de participer à ce conflit, il fit un choix difficile, lourd de conséquences personnelles, mais guidé par ses convictions profondes.
Son geste ne fut pas celui de la facilité. Il accepta l’isolement, les sanctions et l’incompréhension pour rester fidèle à ses principes. À travers son refus, il rappela qu’au sein même des périodes les plus troublées, chaque être humain conserve la responsabilité de ses actes et la liberté de sa conscience.
Aujourd’hui, le souvenir d’Alban Liechti demeure celui d’un homme de courage moral, qui plaça la paix, la justice et la dignité humaine au-dessus de tout autre impératif. Son parcours invite à réfléchir à la valeur de l’engagement personnel et à la force qu’il faut pour défendre ses convictions lorsque celles-ci vont à contre-courant.
Que sa mémoire continue d’inspirer celles et ceux qui croient en la paix, au dialogue entre les peuples et au respect de la conscience individuelle.
À Alban Liechti, dont le refus de la guerre demeure un témoignage de courage et d’humanité.


Alban Liechti, la conscience face à l'histoire : une réflexion sur la désobéissance civile aujourd'hui:


L'engagement d'Alban Liechti dépasse le cadre de la seule guerre d'Algérie. En refusant de participer à un conflit qu'il jugeait injuste, il a posé une question qui traverse toute l'histoire politique moderne : que doit faire un individu lorsque sa conscience entre en contradiction avec les ordres de l'État ?
La philosophie politique a souvent considéré l'obéissance comme le fondement de la vie collective. Pourtant, de Henry David Thoreau à Mahatma Gandhi, en passant par Martin Luther King Jr., une autre tradition s'est affirmée : celle qui reconnaît à la conscience individuelle le droit, et parfois le devoir, de résister lorsque la loi ou l'ordre établi s'éloignent de la justice.
Le geste d'Alban Liechti nous rappelle que la désobéissance civile n'est pas d'abord une contestation de l'autorité ; elle est une fidélité à une exigence morale supérieure. Elle surgit lorsque l'individu refuse de déléguer entièrement sa responsabilité éthique à une institution, aussi légitime soit-elle. En ce sens, le désobéissant ne s'extrait pas de la communauté politique : il cherche au contraire à lui rappeler les principes qu'elle prétend défendre.
Cette question résonne avec une force particulière dans le monde contemporain. Face à l'urgence climatique, de nombreux citoyens considèrent que les mécanismes politiques traditionnels ne répondent pas à la gravité de la situation. Les actions de blocage, les occupations symboliques ou les actes de résistance non violente traduisent une conviction : lorsque les conséquences de l'inaction menacent les générations futures, l'obéissance passive peut devenir elle-même une forme de renoncement moral. La désobéissance apparaît alors comme une tentative d'élargir le champ de la responsabilité collective au-delà du présent immédiat.
Parallèlement, le retour des guerres et des tensions internationales interroge à nouveau la place de la conscience individuelle face aux logiques de puissance. Dans un monde où les conflits armés ressurgissent sur plusieurs continents, où les populations civiles paient souvent le prix des rivalités géopolitiques, l'exemple d'Alban Liechti invite à ne jamais considérer la guerre comme une fatalité. Son refus rappelle que la paix n'est pas seulement l'absence de combat ; elle est une exigence permanente de vigilance critique à l'égard des discours qui justifient la violence.
Cependant, la désobéissance civile comporte une dimension paradoxale. Elle ne vise pas à abolir la règle commune mais à la réinterroger. Son efficacité repose sur l'acceptation des conséquences de l'acte accompli. C'est pourquoi elle diffère de la simple transgression. Le désobéissant accepte d'être jugé parce qu'il cherche moins à imposer sa volonté qu'à ouvrir un débat moral au sein de la société.
À l'heure où les crises écologiques, démocratiques et géopolitiques se croisent, la figure d'Alban Liechti nous invite à redécouvrir une vertu souvent oubliée : le courage de la conscience. Dans des sociétés saturées d'informations, de peurs et d'injonctions contradictoires, ce courage consiste à se demander non pas seulement ce qui est légal, mais ce qui est juste.
L'héritage d'Alban Liechti n'est donc pas celui d'un refus isolé. Il est celui d'une interrogation toujours actuelle : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour rester fidèles à nos convictions lorsque l'histoire nous place devant des choix décisifs ? Car la véritable désobéissance civile n'est peut-être rien d'autre que cela : le moment où un être humain décide que sa conscience ne peut plus se taire.

"Vivre c'est penser. Pas de pensée sans prise de risque. Pas de pensée qui ne soit un affrontement personnel avec le monde. Penser c'est aussi frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude qui peuvent en résulter" Hannah Arendt.





Au fil de la Charente, les chemins du cœur de Michèle Bouhet et Jean-Louis Compagnon 



C'est dans un magnifique écrin de verdure bordant les eaux paisibles de la Charente que  Michèle Bouhet et Jean-Louis Compagnon nous ont invités à une traversée singulière : celle des paysages de l'âme et de la mémoire.
Leurs paroles, tissées de récits, de poésie et de silences habités, ont ouvert des sentiers où l'imaginaire se mêle aux souvenirs. Pas à pas, au rythme du fleuve et du bruissement des arbres, nous avons retrouvé les couleurs de l'enfance, ses émerveillements, ses questionnements, sa capacité intacte à regarder le monde avec innocence et profondeur.
Mais cette balade contée nous a offert davantage encore. Elle nous a permis de renouer avec une part de nous-mêmes que le temps, les responsabilités et les habitudes de la vie adulte avaient parfois reléguée dans l'ombre. Une part discrète mais essentielle, toujours présente sous la surface : ce trésor intérieur que chacun porte en soi.
Cette part fraternelle et profondément humaine qui nous relie les uns aux autres. Ce diamant du cœur, fait de sensibilité, d'écoute, de bienveillance et d'espérance.
Au détour d'un chemin, comme surgissant d'un souvenir lointain, les mots du Petit Prince de Saint-Exupéry sont venus résonner en moi. Ils semblaient accompagner chacun de nos pas, comme une évidence retrouvée :
"On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."
Alors, les histoires entendues devenaient bien plus que des histoires ; elles devenaient des passerelles entre les êtres, des invitations à retrouver ce regard intérieur capable de reconnaître l'humanité en chacun.

En cette journée des Rencontres pour la Paix du 31 mai 2026, cette balade contée nous rappelle que la paix ne se construit pas seulement dans les traités ou les discours, mais aussi dans la rencontre, l'écoute et la reconnaissance de ce qui nous unit profondément.
Elle naît lorsque nous choisissons de voir en l'autre un frère ou une sœur en humanité, lorsque nous cultivons la solidarité plutôt que la peur, le dialogue plutôt que l'affrontement, la confiance plutôt que le repli.
Les valeurs portées par le Mouvement de la Paix trouvent ici et en écho, une résonance particulière : construire un monde plus juste, plus fraternel et plus humain commence par cette capacité à faire vivre en nous ce cœur commun qui nous rassemble.
Au bord de la Charente, au fil des mots et des souvenirs retrouvés, nous avons peut-être redécouvert une vérité simple et précieuse : la paix est d'abord un chemin intérieur qui nous conduit vers les autres. Et lorsque les cœurs s'ouvrent, c'est déjà un peu de paix qui grandit dans le monde.