Conférence Mohamed Farhat texte introductif et présentation de la conférence. 


Mesdames, Messieurs, chers amis,

Merci d’être présents aujourd’hui.

Je voudrais commencer par rappeler une conviction profonde : tout est politique. Se taire est un acte politique. Défendre la paix est un acte politique. Et cela peut déplaire à certains, mais j’assume pleinement cette affirmation.

Quand je parle de politique, je parle de politique au sens le plus noble : l’engagement pour le bien commun, pour la justice, pour la dignité humaine. Le Mouvement de la Paix est politique parce qu’il lutte pour la justice, parce qu’il est pacifiste, parce qu’il dénonce les logiques de guerre et les propagandes qui les accompagnent.

Alors, le Mouvement de la Paix est-il transpartisan ? Est-il apartisan ?
Aucune importance! .
ni l’ un ni l’autre! Il rassemble simplement toutes celles et tous ceux qui œuvrent pour la paix, quels que soient leurs partis, quelles que soient leurs associations, quelles que soient leurs sensibilités. Notre force réside précisément dans cette diversité.
Notre objectif n’est pas seulement que des personnes viennent à titre individuel, même si c’est déjà essentiel. Notre objectif est aussi que les associations, les syndicats, les mouvements citoyens et les partis politiques s’engagent. Car nous devons être nombreux pour faire entendre notre voix.

Nous devons peser sur nos élus afin qu’ils refusent les logiques de guerre et qu’ils utilisent leur mandat pour changer le cours des choses. Nous devons les encourager à agir auprès du gouvernement pour qu’il choisisse résolument la voie de la paix. La diplomatie doit être utilisée dans toute sa force avant que les armes ne parlent.

Parfois, on m’a dit : « Le Mouvement de la Paix est communiste », ou encore : « Il est trop pro-palestinien. »

Au début, ces accusations me choquaient et me mettaient en colère. Aujourd’hui, elles me rendent fière lorsqu’elles signifient que nous refusons l’injustice.

Car il n’y a pas de paix sans justice nous sommes pour la justice.nous sommes pour que cessent les massacres de civils. Nous sommes pour que le droit international soit respecté partout et pour tous. Nous sommes pour que les populations puissent vivre libres, en sécurité et dans la dignité.

Non, le Mouvement de la Paix n’appartient pas à un seul parti. Il s’adresse à toutes les forces politiques qui s’engagent sincèrement pour la paix.

À ce propos, je tiens à saluer le courage de Jacques Chirac qui, en 2003, a refusé d’entraîner la France dans la guerre en Irak. Cette décision a montré qu’une autre voie était possible et pourtant il n’ était pas connu comme un homme de gauche loin s’en faut

Je souhaite également remercier toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation de cette conférence.

Je pense notamment à ces femmes qui attendent encore un titre de séjour, qui ne peuvent pas prendre la parole publiquement, mais qui participent à leur manière en préparant les gâteaux qui seront vendus aujourd’hui à prix libre, avec une contribution conseillée de 1 euro

Ces ventes permettront également de soutenir les actions de notre association, qui a besoin de moyens pour poursuivre son engagement.

Je remercie chaleureusement les associations qui nous soutiennent : Causes à Défendre, Filles et Fils d’Abraham, Veille sur Elles, l’ACAT, l’association Asma, Cité en Mouvement, Linda et toutes celles qui accompagnent les réfugiés et les personnes en difficulté.

Je remercie aussi toutes celles et tous ceux qui ont aidé individuellement, souvent dans l’ombre je ne peux citer tous les noms je remercie la cgt les partis politiques qui ont relayé l’information, notamment le Parti communiste français et La France insoumise.

Comme les colibris de la légende, chacun apporte sa part

Enfin, je voudrais remercier très sincèrement Monsieur Farhat, qui va intervenir cet après-midi pour nous parler du Liban et de la Palestine.

Son témoignage est précieux. C’est une parole sincère, une parole vécue. Il est libanais, et même s’il vit en France depuis de nombreuses années, sa famille est directement touchée par les conséquences de la guerre. Lui-même est arrivé en France il y a quarante ans, à la suite des conflits qui ont meurtri le Liban.

Son expérience et son regard nous aideront à mieux comprendre les réalités humaines qui se cachent derrière les conflits.

Je ne voudrai pas vous laisser sans parler du futur
Notre engagement ne s’arrête pas à cette conférence. À l’occasion de la Journée internationale de la Paix du 21 septembre, nous organiserons plusieurs initiatives : des conférences, un ciné-débat et d’autres temps d’échange autour de la paix et de la résolution non violente des conflits.

Cette année, ces événements resteront modestes, car nous avons dû les préparer dans un délai très court. Nous envisageons également, si les conditions s’y prêtent, une manifestation citoyenne.

Mais nous regardons déjà plus loin. J’ai réservé la salle de la Gornière pour l’année prochaine. Si notre mouvement continue de grandir, nous pourrons organiser un rassemblement encore plus ambitieux et donner davantage d’ampleur à nos actions.

La paix n’est pas une question lointaine. Les choix faits aujourd’hui en matière de politique internationale, de dépenses militaires, de libertés publiques ou encore de priorités budgétaires auront des conséquences concrètes sur notre avenir.

Nous défendons l’idée qu’investir dans la paix, c’est aussi investir dans l’éducation, la santé, la solidarité, la culture et la démocratie. Nous voulons une société où le dialogue l’emporte sur la confrontation et où les citoyens restent pleinement acteurs des décisions qui les concernent.

Alors engageons-nous ensemble pour la paix. Chacun à sa manière, chacun selon ses moyens. Car l’histoire nous montre que lorsque les citoyens se mobilisent, ils peuvent faire évoluer les choses.
Je vous souhaite une belle conférence merci !


C’est avec une profonde gratitude que le comité Sud vienne du Mouvement de la Paix adresse ses plus sincères félicitations aux organisateurs, aux bénévoles, aux associations partenaires ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réussite de cette remarquable conférence. Par leur engagement, leur sens du service et leur générosité, ils ont permis l’émergence d’un moment rare, où la réflexion, le dialogue et la fraternité se sont rencontrés dans un même élan.

Nous souhaitons également rendre un hommage tout particulier à Monsieur Mohamed Farhat pour la qualité, la profondeur et l’authenticité de son intervention. Car lorsque les mots sont portés par un homme qui fait vivre, dans ses actes comme dans ses convictions, les valeurs de paix, de fraternité et d’humanité, ils cessent d’être de simples paroles pour devenir une lumière capable d’éclairer les consciences et de rapprocher les cœurs.
Ses mots étaient semblables à ces souffles légers qui naissent d’une brise et deviennent un vent porteur d’espérance.

Ils franchissent les montagnes et les océans, traversent les frontières visibles et invisibles, dépassent les couleurs, les origines et les appartenances pour rappeler ce qui nous unit dans notre commune humanité. Les paroles de paix voyagent ainsi de cœur en cœur, de peuple en peuple, comme des graines semées par le vent, appelées à fleurir partout où elles rencontrent une terre fertile.

Mais aussi, nous souhaitons également adresser une pensée toute particulière à ces femmes discrètes, souvent dans l’ombre, mais dont la contribution fut essentielle. Par leur temps, leur savoir-faire et leur générosité, elles ont confectionné ces gâteaux qui ont accompagné ce moment de partage.
Et quoi de plus symbolique qu’un gâteau pour raconter l’histoire des hommes et des peuples ? Lorsque nous devenons adultes, bien des souvenirs s’estompent, mais demeure souvent la mémoire intacte d’une saveur, d’un parfum, d’une spécialité de ce pays que certains ont quitté, parfois dans la douleur, parfois dans l’exil.

Une simple bouchée suffit alors à faire renaître un visage aimé, une maison perdue, une enfance lointaine.
Que nous soyons blancs, noirs, jaunes, rouges, grands ou petits, nous portons tous en nous cette même « madeleine de Proust », ce goût singulier qui traverse le temps et les frontières pour nous rappeler d’où nous venons. Dans la douceur d’un gâteau partagé se révèle alors une vérité universelle : derrière nos différences apparentes, nos émotions, nos souvenirs et nos espérances se ressemblent infiniment plus qu’ils ne nous séparent.

Merci encore à ces femmes de cœur qui, par leurs mains, ont su transmettre bien davantage que des pâtisseries : elles ont offert des souvenirs, des racines, des histoires et surtout, une part d’humanité.

Merci enfin à Monsieur Mohamed Farhat, aux organisateurs, aux bénévoles et aux associations pour cette rencontre inspirante. Puisse son message continuer à voyager comme une parole de paix confiée au vent, franchissant les frontières et les générations, pour rappeler à chacun que la fraternité n’est pas un idéal lointain, mais une réalité qui se construit, humblement, chaque fois que l’on partage une parole sincère, un sourire ou un morceau de gâteau.

Les mots de paix sont des graines portées par le vent ; les gâteaux partagés sont des souvenirs portés par le cœur. Les uns comme les autres traversent les frontières et rappellent à l’humanité qu’elle appartient à une même famille.

Le comité Sud vienne du Mouvement de la Paix